Captain Cake

« Captain Cake » est un personnage fictif, empruntant des codes à la bande dessinée. C'est aussi un travail qui parle d’hybridité; il est composé de plusieurs fragments narratifs et décoratifs. Il s’inscrit dans le champ artistique de l’installation et du cinéma d’animation. Une première impression saute aux yeux: cet univers ludique est séduisant, mais surtout excessif.

Les murs sont tapissés de motifs étranges et de la vanille est diffusée pour nous mettre à l'aise. Deux dessins de 40 centimètres de long, des créatures chimériques aux lignes arrondies, sont sérigraphiés systématiquement sur le wallpaper. Une fine étagère, peinte en rose, entoure la pièce et accueille des "cupcakes". Ces succulentes pâtisseries (bien connues aux Etats-Unis) se déclinent en différentes couleurs: le glaçage dégouline et dissimule des saveurs comme le chocolat, les framboises ou les carottes sucrées. La répétition obsédante offrent des sensations cauchemardesques, alors que l'espace ressemble à une bonbonnière. Un savant mélange de kitsch et de cartoon.

Au fond de la pièce, un court film d'animation est projeté. C'est le trailer d'un film qui n'existe pas: « The misfortune of Captain Cake ». On y découvre une marionnette à tête de cake qui s'agite sur une bande sonore rythmée, dans laquelle une voix off féminine annonce l'histoire: "Dans un monde dominé par la peur, certaines personnes essaient de changer la réalité. (...) Grâce un écran géant relié 24/24 à internet, (Captain Cake) a un accès direct à la production mondiale de pâtisseries. Alors qu'il rêve de sauver le monde au moyen de douceurs au sucre glace, une quarantaine de cupcakes prennent possession des lieux et tentent de tout faire exploser." A ce moment là, l'animation qui est alors réalisée en "stop motion" (animation en  volume), devient un dessin animé, monté avec "Flash". La musique est pesante, on entend des murmures effrayants et les "cupcakes" dessinés à la main se transforment en un monstre redoutable.

Le lieu invite le spectateur à voyager dans ses fantasmes et à s’interroger sur lui-même, comme sur sa propre pratique consommatrice: L'artiste invite le public à manger les "cupcakes", alors que l'environnement est déjà saturé d'images et de sons. Les expériences sensorielles, comme le visionnage de la bande-annonce, la dégustation de gâteaux ou le reniflement d’odeurs inattendues, sont des propulseurs dans le monde de l’imagination. Cette oeuvre interroge les comportements pervers incités par la société de consommation. Elle s'inspire du chapitre sur la cuisine ornementale de Roland Barthes, dans les Mythologies, de 1957.

Ce travail a été réalisé durant la fin de ma 2ème année aux Beaux-arts. La musique a été créée avec des amis: Riccardo, Shane, Ayshe, Justine, Fabrice et grâce à la précieuse collaboration avec mon frère "Freemotion". Les photos de l'installation sont faites par Patrick Tschüdi et les "cupcakes" confectionnés par la pâtisserie "Rusterholz Alhmami" à la rue de Carouge à Genève. Différents professeurs m'ont apporté leur soutien, entre autres: Olivier Riechsteiner pour l'animation, Hervé Laurent pour l'écriture et Albertine Zullo pour la sérigraphie.

 

 

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Posted 4 months ago

2 comments

Aug 11, 2009
Jonathan Maim said...
Cool stuff :)) Looking for the images now ;-)
Aug 11, 2009
Yaël Maïm said...
Video HQ and photos available! enjoy :))))

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